Crédits d’impôt musique : un outil fondamental, une prorogation impérative

PArtager

Communiqué de presse

27 mai 2026

L’UPFI et la SPPF se félicitent des conclusions catégoriquement positives de l’évaluation des crédits d’impôt musique (production phonographique, production de spectacles vivants et édition musicale) publiée mardi par le Centre national de la musique et s’associent à la demande de prorogation anticipée des dispositifs formulée par l’établissement.

L’évaluation, menée par le cabinet Eval-Lab et complétée par des études produites par la Banque de France et la DGFIP, démontre une nouvelle fois la nature profondément structurante des crédits d’impôt, et confirme qu’ils répondent aux objectifs à la fois culturels et économiques fixés par le législateur.

Dans le cas du CIPP (production phonographique), ce rapport identifie un triple effet de levier :

  • sur l’investissement privé — dans la musique enregistrée, les dépenses de production augmentent de plus de 200% après obtention de l’agrément provisoire, et les dépenses de développement de plus de 80%, signe d’une ambition et d’une prise de risque accrues ;

  • sur la croissance des entreprises et l’emploi — le crédit d’impôt permet aux entreprises bénéficiaires d’afficher un taux de résultat net moyen tout juste positif et les dépenses liées au personnel représentent 77% de la valeur ajoutée générée ; leur structure financière est également plus saine, créant les conditions de la stabilité et du développement ;

  • sur la diversité musicale — l’émergence artistique et l’expression francophone sont au cœur du dispositif, qui contribue au renouvellement des talents, à la préservation de la pluralité des genres musicaux et à leur plus forte présence dans les classements d’écoute en streaming : il bénéficie à l’ensemble des esthétiques, notamment celles dont l’économie est plus fragile (musique classique et contemporaine, jazz, etc.).

La hausse du nombre d’entreprises bénéficiaires et la proportion de TPE indépendantes dans le total (85%) démontrent la nature redistributive et équitable de cet outil et sa capacité à entretenir et renforcer un tissu de production local souvent démuni face à un modèle de streaming peu rémunérateur.

Pour l’État, le choix d’une dynamique féconde

Il constitue également un investissement d’avenir pour l’État : en soutenant la filière musicale française via la fiscalité incitative et les programmes d’accompagnement du CNM, il permet à celle-ci de capter une valeur plus importante sur un marché fortement internationalisé et à fort potentiel de croissance. C’est donc un choix audacieux, au service d’une ambition industrielle claire et d’une souveraineté culturelle renforcée.

Nous appelons à consolider les modèles économiques et les dynamiques d’investissement et d’export des entreprises indépendantes de la musique, afin de faire émerger la prochaine génération de champions nationaux capables de doper le soft power français. La production renouvelée de nouveautés locales est la clef car elle constitue les actifs de demain et fonde la capacité de la France à rester un grand marché de la musique.

Les entreprises doivent avoir dès à présent une visibilité au-delà de 2027

Les cycles de développement, de production et de promotion des albums s’inscrivent désormais dans le temps long, les premiers revenus n’étant souvent générés que trois ou quatre ans après la signature du contrat d’artiste et l’investissement initial recoupé bien plus tard. Les projets que signent aujourd’hui les producteurs les exposent donc bien au-delà de l’échéance actuelle, fixée au 31 décembre 2027.

Pour cette raison, l’UPFI et la SPPF appellent le gouvernement et le Parlement à proroger dès la loi de finances pour 2027, et pour au moins trois années supplémentaires, les trois crédits d’impôt dans leur format actuel. Sans cette visibilité, il ne sera pas possible pour nos entreprises de préserver leurs plans d’affaires ou les embauches prévues, ni de maintenir au niveau l’ambition de leurs projets artistiques.